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Actualités • 14 mai 2008

Sectes : ennemis imaginaires

Par Pierre Barrucand :

« En 2006, une commission d’enquête parlementaire, saisie d’une rumeur suggérant que 60 000 enfants étaient en danger à cause des « sectes », interrogea les représentants de nombreuses administrations et ministères à ce sujet.

Ces réponses viennent d’être rendues accessibles : l’association CAP Liberté de Conscience en publie certains extraits dans une brochure malheureusement à faible diffusion. Or, ces réponses révèlent combien toutes les rumeurs sont dépourvues, dans ce domaine comme ailleurs, de tout fondement.

Ainsi, le général Parayre, directeur général de la gendarmerie à qui on avait parlé de 20 000 enfants en danger et qui ne cache pas son scepticisme, précise que pour les affaires de ce type traitées par la gendarmerie depuis 2004, seulement 37 procédures ont été diligentées.
De même, M. Girardot, directeur des affaires juridiques au ministère de l’Éducation nationale, dit qu’à la suite de 1 119 contrôles relatifs aux enfants instruits dans la famille, 23 ont entraîné une mise en demeure de scolariser l’enfant dans un établissement, dont apparemment pas un seul lié à une « secte » ! Opinion très voisine de Mme Sancy de la « Protection judiciaire » de la jeunesse qui parle de marginalité sans donner de chiffres.

Quant à M. Bouchité, directeur central des RG : « Nous n’avons jamais eu affaire à 60 000 signalements, tout au plus à quelques dizaines. » De même, M. Madranges, directeur de la Jeunesse (au ministère de la Jeunesse et des Sports), il précise que pendant trois années, il n’a été signalé aucun cas.

Mme Le Bihan, directrice adjointe au ministère des Affaires étrangères et s’occupant des Français à l’étranger, n’a eu connaissance que de deux affaires liées à un « comportement sectaire ». Or, un de ces deux cas est celui de Mme Getliffe, qui perdit la garde d’un enfant au bénéfice de son ancien mari, refusa d’exécuter ce jugement prononcé par un tribunal français et finalement passa plusieurs mois en prison au Canada jusqu’à la restitution de l’enfant à son père. Or, elle prétendait se justifier parce que celui-ci appartenait à une secte ! Et, en accord avec son concubin, elle voulut ainsi relancer une polémique contre toutes (!) les sectes.

Un dossier vide

Arrêtons là ces citations : toutes sont une preuve supplémentaire de ce que toute personne qui cherche honnêtement la vérité, au-delà des sottises d’une certaine presse, ne peut que constater, à savoir que le dossier sectes (mis à part l’affaire tout à fait différente du Temple solaire) est totalement vide. Et, sans tomber dans un anticléricalisme désuet et stupide, une enquête analogue menée contre l’Église catholique, ne révélerait-elle pas bien des choses, petites ou grandes ? Et ce fait justifierait-il une diabolisation totale de cette Église ? Ou même partielle ?

La brochure : « l’État et la gestion des nouvelles spiritualités : les anomalies » révèle aussi bien des aberrations.
Ainsi, les recettes d’une des plus importantes associations de lutte contre les sectes s’élèvent à 1 954 euros de cotisations et dons – ce qui fort minime –, mais surtout à 368 373 euros (pourquoi 73 ?) de subventions ministérielles en 2005 – ce qui, en revanche, est fort confortable !
Une autre association obtint 700 000 euros pour acquisitions immobilières, en plus de près de 200 000 euros de subventions ordinaires pour l’an 2001 !

Il serait bien intéressant de connaître la totalité du budget de la Miviludes, organisation d’État, qui prétend « former » (bien sûr, pas « déformer ») 2 000 personnes par an (en 2005) et organise même des voyages à l’étranger, sans compter l’édition de certains documents, tels celui sur le satanisme qui vise en fait des groupes musicaux « heavy metal ».

Les vrais satanistes ne sont que quelques dizaines, ne semblent pas avoir une conduite sociale illégale et ne constituent pas une organisation structurée, étant de purs individualistes anarchisants (et non, contrairement à une légende, fascisants).

La générosité du contribuable français est légendaire, bien sûr, et « on » n’y fait jamais appel en vain. Certes !

Néanmoins, nul ne peut contester que la situation économique mondiale et européenne et française est mauvaise et que, si regrettable que soit la chose, des économies s’imposent. Alors renvoyons les fonctionnaires de la Miviludes à des occupations utiles, il y a bien des besoins ailleurs dans l’administration et arrêtons ces subventions absurdes ! »

Pierre Barrucand dans les4vérités.com

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