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Ultra-orthodoxes contre « les sectes
» en Israël
Dans sa lettre dinformations, lorganisation
européenne Human Rights Without Frontiers Int'l (http://www.hrwf.net)
relate lexistence dun bien curieux centre en Israël qui part
en guerre contre les « sectes », incluant sous ce vocable un large
éventail de pratiques non orthodoxes du point de vue juif. Car, renseignements
pris, ce « Centre Israëlien pour les victimes des sectes »
est financé à 98% par une association, « Office for charity
», derrière laquelle on trouve un millionnaire appartenant à
la mouvance juive Ultra-orthodoxe, Rami Feller.
Lui-même et le coordinateur des activités
du Centre ont milité dans une autre organisation, "Yad Le'achim",
qui a eu mauvaise presse en raison des pressions religieuses quelle
semblait exercer pour que les brebis égarées « se repentent
». Le nouveau centre, aux allures plus « laïques »,
peut redonner une légitimité à ce combat.
La liste des groupes considérés
comme « sectes » par le centre semble avoir en commun de ne pas
avoir obtenu un certificat Kasher par la Cour de justice ultra-orthodoxe et
inclut même des entités juives. Beaucoup de ces groupes sont
considérés comme légitimes par le peuple Israélien.
La journaliste Amir Zemora a été
recrutée pour le centre et nommée directrice pendant un temps,
mais sans en connaître la source. Quand elle a enfin rencontré
Rami Feller par la suite, il lui est apparu évident que le but de ce
centre était purement de lutter contre les mouvements non juifs
ou non orthodoxes. Cependant, depuis 2007, le centre a obtenu lexemption
fiscale des dons.
Quant au fondateur, il a eu très jeune
une carrière assez fulgurante dans les affaires, et a mené la
vie dun golden boy jusquà ce que la justice le rattrape
et quil fasse faillite. Il connut alors une phase de recherche, notamment
dans les groupes damélioration personnelle et le Bouddhisme,
puis se « repentit ».
LOffice for Charity sest donné
pour but entre autres daider financièrement les groupes «
anti-sectes ». Pour le professeur Benjamin Beit-Halahmi, chercheur en
psychologie des religions au département de psychologue de luniversité
de Haifa, ces gens savaient que sils se présentaient au public
comme une organisation ultra-orthodoxe, ils nauraient pas été
pris au sérieux car bigots et fanatiques, doù lapparence
laïque du centre. Quant à définir ce quest un culte,
le professeur affirme que, pour lui, il ny pas de différence
entre quelquun qui se proclame le Messie, et le Rabbi de Lubavitch qui
sest proclamé messie lui-même. De même, le professeur
Ofra Maizels, présidente de la Convention Israélienne
de recherche sur la spiritualité contemporaine et doyenne de
la faculté dEducation à Haifa, voit là une tentative
pour dé-légitimiser et créer de la peur face au processus
tout à fait naturel de la recherche spirituelle.
Plusieurs organisations internationales qui
ont été placées sur la liste des sectes du centre ont
lintention dattaquer le centre en justice. Lune dentre
elles explique que les ultra-orthodoxes avaient déjà brûlé
son centre il y a plusieurs décennies : « ils pensent quils
ont le monopole de la spiritualité ».Le « Centre
Israélien pour les victimes des sectes » quant à lui dément
être animé par des éléments ultra-orthodoxe et
défend sa façade « laïque ». Il présente
Rami Feller comme un « businessman » qui fait des donations à
de nombreuses causes charitables.
Les résultats des premiers procès
pour diffamation devraient tomber très bientôt.
source
: http://www.hrwf.net
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