Sectes : en suisse, une député socialiste muselée et bannie
Myriam Sormanni-Lonfat, députée socialiste au Grand Conseil genèvois, témoigne des pratiques totalitaires du milieu politique suisse. Préconisant une approche rationnelle et fondée sur la compréhension en ce qui concerne les nouveaux mouvements religieux, il semblerait qu'elle ait heurté des intérêts qui dépassaient son pouvoir de députée. Son témoignage :
« Le 14 avril 2000, pendant une séance du Grand Conseil, je suis intervenue à propos des minorités religieuses. Le débat portait sur la création d'un "observatoire sur les sectes". Comme d'habitude, sur cent députés, à peine une demi-douzaine connaissent le sujet et les autres votent comme des marionnettes. C'est d'autant plus dommage quand ils prennent des décisions lourdes de conséquences pour les gens. J'ai demandé que, dans cet observatoire, on intègre quelqu'un comme le pasteur Jean-Claude Basset, qui s'occupe de contacts entre religions minoritaires. C'était une demande de reconnaissance et de respect des minorités religieuses.
J'ai notamment dit qu'on pouvait comparer les grandes religions avec les drogues légales et les religions minoritaires avec les drogues illégales.
Le soir même, dix-neuf députés socialistes ont demandé mon exclusion à la section ville de Genève du parti, ce qui revenait à m'exclure du parti… Ensuite, le bureau du parti a suivi et a demandé mon exclusion.
Pourtant, l'article 69 de la loi sur le règlement du Grand Conseil dit qu'un député ne peut pas être attaqué à cause de ce qu'il dit dans l'hémicycle. On voit que cet article n'est pas respecté, puisque j'ai été pénalisée à la suite de ma déclaration sur les minorités religieuses.
Par ailleurs, l'article 23 dit qu'on ne peut pas donner à un député une consigne de vote impérative. C'est-à-dire que le parti n'a pas le droit d'exiger qu'un élu vote comme une marionnette.
On constate que cette loi n'est pas respectée.
En mai, on m'a convoqué, pour me présenter une "lettre de démission" du Grand Conseil rédigée à ma place. J'ai refusé de la signer.
Le lendemain, ils ont écrit à la Sautier du Grand Conseil, pour m'interdire de siéger dans les commissions dont j'étais membre. A partir du 16 mai, je n'ai plus pu siéger dans les commissions. C'est la première fois qu'une telle chose s'est produite, dans les annales de la république !
Dès lors, j'ai été traitée, par le parti socialiste, comme une députée indépendante. Par contre, le parti continuait d'encaisser 60 % de mes jetons de présence parlementaires…
C'est-à-dire que je ne participais plus à l'essentiel des travaux d'une députée. J'estime qu'il n'est pas normal qu'un parti politique empêche un élu de faire son travail. Personnellement, je considère que la volonté du peuple a été bafouée.
...D'ailleurs, le président du parti socialiste genevois a déclaré que les membres ne peuvent pas afficher des opinions contraires à la philosophie du parti, laquelle est décrétée par les apparatchiks. Effectivement, ça ressemble davantage à une dictature qu'à un pouvoir socialiste.
Tout se fait " à la tête du client ". Les uns peuvent se permettre n'importe quoi et les autres n'ont que le droit de s'écraser.
Adelita Genoud, une journaliste de la Tribune de Genève, a publié toute une série d'articles à propos de mes démêlées avec la mafia du parti socialiste genevois. Le dossier lui a été retiré, et il a été transmis au chroniqueur politique Alain Dupraz. Celui-ci s'est alors efforcé de me dépeindre comme une personne "hargneuse". Je considère, pourtant, que je n'ai rien à me reprocher et que je n'ai fait que dire la vérité et me défendre contre le mobbing dont j'étais victime.
J'ai organisé une conférence de presse. Aucun journaliste n'est venu. »
Cet extrait d'une interview de ladite députée socialiste (intégrale ici) ne relate certainement pas un fait isolé. Certainement un jour, peut-être plus tôt qu'on ne le pense, les intérêts de ceux qui pratiquent le totalitarisme de la pensée unique devront être dévoilés. Peut-être devrions-nous demander à ce qu'ils soient dévoilés...
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