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LUnadfi : Le retour du deprogramming
?
Dans les années 80, les associations
"antisectes" ont pratiqué allègrement le deprogramming
(la littérature des débuts de l'Unadfi vante les mérites
du deprogramming). Il s'agissait d'enlever la personne que l'on souhaitait
voir renoncer à sa foi, la séquestrer et user de techniques
plus ou moins violentes jusqu'à ce qu'elle "reconnaisse"
s'être trompée en ayant adhéré à un mouvement
qui n'emportait pas la conviction de la famille.
Cette technique venue des états-unis
avait ses théoriciens, des psychiatres comme John Clark, Margaret Singer
ou Louis West, ou le psychologue Ted Patrick.
De nombreux cas de deprogramming "ratés",
dans lesquelles les victimes, parfois violées, droguées, et
toujours séquestrées ont porté plainte contre les déprogrammeurs
et les associations antisectes ont rendu cette pratique trop impopulaire pour
qu'elle puisse être continuée.
Alors les mêmes associations se sont
tournées vers la pratique de l'"exit counseiling". Les théoriciens
psychiatres sont les mêmes, mais ont affiné la pratique pour
éviter les représailles légales qui découlaient
forcément du deprogramming.
Dans l'exit counseiling, on insiste fortement
sur le fait qu'il n'y a pas de coercition physique ni de violences physiques.
Malheureusement, les techniques utilisées
sont fortement susceptibles d'être justement ce que ces associations
prétendent combattre : la déstabilisation et la manipulation
mentale.
On le voit par exemple dans un article de l'Unadfi
de 2009 (Bulles numéro 103), relatant une "sortie de secte"
à l'aide d'exit counseiling.
Les parents font appel à un "exit
counseilor". Leur fille fréquente un mouvement depuis 4 jours.
Extraits de l'article : "
Nous ne savions rien sur cette école,
et avons surtout réagi à lintuition : linquiétude
de la grand-mère dAmélie, le sentiment de mon épouse
que notre fille nétait pas libre et courait peut-être un
grand danger, et enfin une compréhension immédiate de la situation
par mon beau-frère Arvid..."
(...)"
Mais cest par notre force de conviction,
notre énergie contre la volonté de la secte, que nous avons
pu progressivement déstabiliser ladepte qui lhabitait..."
(...)"
En lui transmettant des images très
fortes, folles à vrai dire, je lai entraînée sur
un territoire mental imprévu."
(...)"
Cest après avoir vu mes larmes
à un moment crucial de la séance d« exit councelling
» organisée par Leif, quun changement sest produit
en elle..."
(...)"
On peut monter une équipe comportant
au moins une personne qui sy connaisse en techniques des sectes, un
proche de ladepte pour la relation affective, et dautres personnes
en soutien. Léquipe corrige son plan initial en temps réel..."
L'exit counseiling rapporte beaucoup. En France,
l'un des avocats de l'Unadfi se présente comme un expert en exit conseiling.
Sur son site internet, on peut lire : "
Le cabinet davocats Daniel PICOTIN, face
aux problématiques particulières de la manipulation et de lemprise
mentale, entraînant des sujets à se retrouver captés au
point de perdre leur libre arbitre au plan familial, professionnel, sexuel
ou financier, a mis en place une équipe susceptible dopérer
pour « libérer » des personnes placées en prison
mentale.
Il est un des premiers cabinets français
à officialiser cette pratique venue des Etats Unis.
Au cours des années 1970-1980, une série
de techniques appelées « deprograming » avaient été
élaborées afin de persuader ou de forcer une personne à
renoncer à lallégeance dun groupe pseudo-religieux,
sectaire ou totalitaire.
Cette procédure sous cette forme là
avait donc été extrêmement controversée."
Voilà pour l'entrée en matière...
Puis on peut essayer d'évaluer ce que peut rapporter ce genre d'opérations
à ceux qui la mènent. Faites le calcul : "
La famille ou les personnes concernées
sont dabord reçues par lAvocatafin de cerner les problématiques
humaines et juridiques du dossier.
Ensuite, les personnes demandeurs sont reçues
par des membres de léquipe dexit counseling, afin dévaluer
les problématiques posées par ce type de rupture familiale,
sociale, professionnelle ou amicale.
Lintervention fait lobjet dune
ou plusieurs rencontres avec léquipe concernée constituée
de praticiens, tous diplômés dans des universités françaises.
En outre, selon la difficulté de la
mission, des intervenants extérieurs peuvent être sollicités.
Il est à noter que la réussite
de ce type dopération est directement liée au temps de
préparation fait en amont.
Lintervention fait lobjet dune
ou plusieurs rencontres avec léquipe concernée. Un
devis spécifique est élaboré préalablement et
soumis aux personnes requérantes.
(...)
Selon la difficulté du dossier, la mission
dexit counseling, en plusieurs phases, peut nécessiter plusieurs
semaines.
(...)
Il convient de savoir quune sortie de
ce type se déroule sur un temps particulier situé entre trois
et cinq jours."
Quand on connait le prix de l'heure d'un avocat,
on peut imaginer le gain d'une telle opération.
Bien sûr, peu de choses filtreront de
la réalité de cet exit conseiling, puisque les personnes requérantes
: "doivent également remplir une « charte de confidentialité
» préalable à lintervention."
Mais la personne ainsi enlevée à
ses croyances passées risque fort de se retrouver sous traitement psychiatrique
: "
De la même façon, les spécialistes
de la santé mentale devront évaluer les modalités dun
suivi psychologique rendu nécessaire pour effacer le traumatisme de
la manipulation et ce qui a été éventuellement vécu
par le sujet durant cette mise entre parenthèse.
Les opérations de « débriefings
» et de suivi psychologique seront assurées par un thérapeute
spécialisé de léquipe avec réorientation
vers des thérapeutes régionaux si nécessité."
C'est aujourd'hui, c'est en France, et ça
rapporte...
Source :
http://www.lepost.fr/article/2011/04/27/2478006_le-retour-du-deprogramming.html
A lire pour en savoir plus : Une
enquête sur les origines : La psychiatrie et les chasseurs de «
sectes »
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